Article sélectionné

samedi 25 septembre 2021

EDITO SEPTEMBRE-OCTOBRE 2021: MERCI... !

 Cher.e.s soeurs et frères,

Alors que la reprise des activités pastorales commençait à se concrétiser un peu partout après un été encore marqué par les mesures visant à juguler la pandémie et, en particulier dans notre région, par les inondations dévastatrices qui ont laissé des blessures profondes dans la population, notre diocèse vient de perdre son ancien berger, l'évêque émérite Aloys Jousten. 

C'est une belle figure de prêtre et d'homme qui nous a quittés lundi. Il savait se montrer proche des gens et de leurs préoccupations : un évêque de terrain, véritablement ! Sa vision pastorale n'était-elle d'ailleurs pas sous-tendue par son expérience de curé-doyen en contact avec les personnes et les associations chrétiennes et autres dont il était responsable ? J'ai personnellement apprécié le respect et la simplicité avec laquelle il abordait chacun, son attention et son écoute avant de prendre une décision.

Merci Monseigneur Aloys ! Nous vous sommes reconnaissants pour toutes ces années que vous avez consacrées à donner de bonnes et audacieuses orientations à la barque de votre diocèse en cette époque de très grandes mutations et de défis ; et nous sommes reconnaissants au Seigneur de nous avoir donné un pasteur selon son cœur. "La joie du Seigneur est notre force" : cette devise qui fut la vôtre, restera aussi pour nous comme un leit-motiv pour continuer d'avancer ensemble sur les chemins nouveaux où nous attendent les hommes et les femmes de ce temps. Que Dieu qui nous a bénis par vos mains vous garde en les siennes !  

D’autres changements affectent notre Unité Pastorale du Sacré-Cœur. Le départ de notre vicaire dominical, l’abbé Clet Nahayo qui rentre au Rwanda après avoir achevé ses études à Namur (théologie pastorale), peu de temps après celui du diacre Francis Dawant, nommé, lui, dans l’Unité Pastorale Jean XXIII – Val de Vesdre, ce(s) départ(s) nous prive(nt) d’une aide appréciable -et appréciée- au niveau des célébrations. Nous avons tenu à remercier Clet et Francis au nom de toute l’UP au cours des célébrations du dernier w-e ; chacun d’eux ayant apporté le meilleur de lui-même avec simplicité et cordialité. Qu’ils soient eux aussi bénis dans leur nouvelle mission et source de bénédiction pour leurs frères ! Merci Francis, merci Clet, votre passage chez nous laisse un sillon d’amitié qui témoigne de l’amour divin. Merci aux paroissiens qui les ont accueillis et aidés de diverses manières : un beau témoignage de Communauté, également, dont nous pouvons être fiers.

Que nous réserve l’avenir ? Difficile de ne pas se poser la question, dans le contexte qui est le nôtre et celui du monde actuellement. Le défi environnemental (réchauffement climatique) prend petit à petit le dessus sur toutes les autres préoccupations, et il est plus que temps ! La crise du Covid s’éternise, amenant tensions et incompréhensions au sein de la population. Nos communautés chrétiennes ont été fortement impactées par les mesures de confinement, et peinent à retrouver leur vitalité. D’autres crises (sociales, économiques…) s’annoncent, qui frapperont comme toujours les plus fragiles et les plus démunis…

Mais je n’ai pas envie de peindre le ciel en gris ! J’ai plutôt envie de prendre exemple sur le sorbier que j’aperçois par ma fenêtre, et qui porte imperturbablement ses fruits qui viennent nourrir une multitude d’oiseaux. Le chrétien est (ou devrait être) comme le sorbier : peu importe le temps qu’il fait et l’agitation du monde qui l’entoure, son seul but est de donner le fruit pour lequel Dieu l’a créé. Soyons féconds, nous qui avons la chance extraordinaire d’être fortifiés et nourris au terreau de la Parole de l’Evangile et de l’Eucharistie ! Et surtout, ne restons pas seuls : Nous avons besoin de renouer et de raffermir les liens qui nous unissent entre chrétiens, pour faire Communauté tous ensemble, une Communauté d’Amour et de Paix ouverte sur le monde et agissant pour partager la Vie ! C’est pourquoi je vous rappelle la Rencontre inter-paroissiale (CUP) qui aura lieu le dimanche 10 octobre prochain de 14h à 16h30 à l’église Ste-Thérèse d’Ottomont. Vous y êtes tous attendus, pour vivre un temps d’unité et de fraternité.

« N’AYEZ PAS PEUR ! » avait lancé le pape Jean-Paul II en inaugurant son pontificat. En écho à cette parole, je conclurai en citant le poème de Dietrich Bonhoeffer que Mgr Aloys Jousten connaissait bien :   

"Von guten Mächten wunderbar geborgen, erwarten wir getrost, was kommen mag. Gott ist bei uns am Abend und am Morgen und ganz gewiss an jedem neuen Tag." (Merveilleusement abrités par de bonnes Puissances, nous attendons avec confiance ce qui peut arriver. Dieu est avec nous le soir et le matin, et très certainement à chaque nouveau jour.)   

 

Fraternellement, votre curé Bernard

 

mardi 21 septembre 2021

INVITATION CONCERT D'ORGUE

 

INVITATION

inauguration des orgues restaurées de l'église saint Laurent d'Andrimont

 

Le conseil de fabrique et les paroissiens de Saint-Laurent d'Andrimont vous invitent à un concert en leur église,  le samedi 30 octobre à 20 hrs

- concert organisé à la suite de la restauration des orgues ; les travaux ont été effectués par la manufacture dorgue Schumacher dEupen, grâce à lintervention financière de la commune de Dison.

Au programme, le Chant, le Hautbois et lOrgue (voir affiche).  

Entrée et participation libre aux frais (panier).

 Nous serons très heureux de vous accueillir.


Renseignements
Jean Pirard
Avenue du Centre, 298
B 4821 Andrimont
gsm : 0472/809001
tél : 087/354328

samedi 18 septembre 2021

RENCONTRE CUP 10.10

 Après tant de mois d'impossibilité de se rassembler,

de célébrer et de se rencontrer entre chrétiens 

de nos différentes communautés, 

où le "distanciel" et le "virtuel" prenaient le dessus 

sur le "présentiel", si important pour vivre l'Unité,

....nous avons la joie de vous inviter enfin

à des Retrouvailles !

 = >Détente, papotes, échanges, partage de vécu

autour d'une bonne jatte de café... 

TOUT LE MONDE EST BIENVENU.E !

Les mesures de sécurité en vigueur (masque, gel) seront respectées raisonnablement
... en buvant notre café, nous pourrons enfin nous sourire ! 


vendredi 27 août 2021

EDITO RENTREE 2021

 EDITO. "Se reconnecter les uns aux autres, faire unité, Corps du Christ !"

Chers frères et soeurs, 

C’est une rentrée compliquée qui s’annonce, une rentrée sous le signe de la "surcharge informationnelle et émotionnelle". De la course entre vaccination et variants qui traverse désormais le monde scolaire, jusqu’à la situation des enfants dont les écoles ont été sinistrées et celle des familles dont les maisons ont été détruites, en passant par la question du défi climatique et celle de la gestion des migrations et de l’humanitaire, on ne sait vraiment plus où donner de la tête (et du cœur et des bras) en cette fin d’août… 

On a l’impression que le monde avance, oui, mais dans un chaos qu’apparemment on peine de plus en plus à ordonner. Comme nos écrans (de TV, d’ordinateurs et de smartphones) qui s’emballent en nous noyant chaque jour sous davantage d’informations et d’impératifs – parfois contradictoires ! À côté de ceux qui sont hyper-connectés et surnagent en essayant de maîtriser ce flot voire d’y répondre, il y a ceux qui sont déconnectés (les aînés, les démunis…) et qui décrochent plus ou moins complètement.

La rentrée pastorale et paroissiale n’échappe pas à cette complexité. La vie de nos communautés chrétiennes a été profondément impactée par la crise du Covid-19, et si un certain nombre de paroissiens ont amorcé un retour vers leur église et la pratique dominicale, d’autres ont disparu des radars… Les confinements et la distanciation sociale ont accentué cette désertification qui a commencé bien auparavant : chaque communauté dans son coin a poursuivi tant bien que mal sa petite vie (ou survie) en improvisant au fur et a mesure des solutions pour maintenir un minimum d’activité spirituelle : c’est heureux !

Mais en même temps, par la force des choses, ces communautés étaient en grande partie déconnectées de l’ensemble de la vie de l’Eglise (de l’Unité Pastorale, du Doyenné, du Diocèse, etc). On avait l’impression de petites îles surnageant éloignées les unes des autres. Qui savait ce qui se passait dans les communautés voisines ? Pas grand-monde… Or l’Eglise est un corps, un grand corps dont la tête est le Christ, et dont tous les membres sont inter-connectés et ne peuvent s’ignorer (cf. 1Co 12,12-27) : c’est le thème de la retraite de profession de Foi qui a lieu ce 1er w-e de septembre « Bâtisseurs de cathédrale ». 

Comment retrouver l’élan, le souffle, le dynamisme communautaire dont nous avons besoin pour « faire Eglise » ensemble ? Il n’y a pas de recette. Je pense que nous devons avant tout partager les préoccupations -et les joies, les expériences les uns des autres, et nous ouvrir au-delà de notre petit cocon paroissial aussi rassurant (ou déprimant) soit-il.

Dans cet esprit, avec l’équipe pastorale, je voudrais vous inviter au C.U.P. (Conseil de l’Unité Pastorale) qui aura lieu le dimanche 10 octobre après-midi – le lieu n’est pas encore fixé. Il s’agira AVANT TOUT d’une rencontre fraternelle et conviviale entre paroissiens de toutes nos communautés, engagés ou non, simplement pour le plaisir de se revoir après tant de mois d’isolement et d’échanger des nouvelles autour d’une tasse de café et d’un bout de gâteau… VOUS ÊTES TOUS LES BIENVENUS, seuls ou en famille.

Ce C.U.P. informel sera j’espère le prélude d’autres rencontres, chances d’émulsion d’idées, de témoignages et de partages de vie nourrissants pour tous. « Voyez comme ils s’aiment » disait-on des premiers chrétiens. Sur le site du Coronablog et à l’entrée des églises, vous trouverez un questionnaire inspiré d’une réflexion de B. Boudron, et auquel vous pouvez répondre si vous le souhaitez. Déposez vos réponses dans l’urne prévue dans l’entrée pour que nous puissions en faire la synthèse avant le C.U.P. et en communiquer le résultat. Exemple de question : « Suite à la catastrophe des inondations qui a frappé tant de personnes dans notre région, que ressentons-nous ? À quoi nous sentons-nous appelés ? » 

MERCI DE VOTRE PARTICIPATION ! BONNE RENTRÉE,

Avec l’équipe pastorale, votre curé Bernard Pönsgen

---------------------------------------------------

QUESTIONS POUR UN PARTAGE (réponses à déposer avant le CUP du 10 octobre 2021)

Chers amis, amies,

La pandémie n’a fait qu’accélérer le changement radical et inévitable dans notre Eglise et dans la société. En effet allons-nous reprendre comme avant, allons-nous consommer comme avant ? Peut-être en partie mais pouvons-nous faire l’économie d’une réflexion particulièrement en ce qui concerne nos paroisses ?

Je vous propose donc de, chacun de notre côté, tenter de répondre comme nous le pouvons à quelques questions inspirées de celles que Bernard Boudron a transmises à l’équipe de Mont-Dison.

Par exemple :

1.     Quels atouts avons-nous encore dans notre communauté paroissiale ?

 

2.     Maintenant que la catéchèse se vit en UP, quels contacts avons-nous encore avec les familles et les enfants ?  Quelle est notre présence auprès de nos voisins, amis, habitants anciens ou nouveaux près de chez nous ?

 

3.     Comment vivons-nous nos célébrations ? Vos suggestions ?

 

4.     Par rapport aux événements vécus dans notre région et la détresse de la population, comment réagissons-nous ? à quoi nous sentons-nous appelés ?

 

Merci de votre participation. Vos réponses et celles des autres paroissiens, recueillies dans l’urne à l’entrée de l’église, seront synthétisées pour être communiquées en principe lors du Conseil d’Unité Pastorale du 10 octobre auquel vous êtes invité-e.

Cordialement,

L’équipe pastorale et le curé Bernard

jeudi 26 août 2021

CARTE BLANCHE : TROP D'AFGHANS ?






« La Belgique en fait-elle assez ou non ? » 

La question de ces derniers jours à propos du rapatriement des belges qui travaillaient en Afghanistan et de leurs collaborateurs afghans a fait le tour des médias, et est encore à l’heure actuelle fort discutée dans l’opinion publique – les réseaux sociaux.

En fait-elle assez ou trop, notre petite Belgique qui accueille déjà -surtout dans les grandes villes, la capitale, un nombre assez important, proportionnellement parlant, de personnes issues de l’immigration (officielle ou clandestine) et qui, au plus fort de la crise des réfugiés en 2015 a offert la protection et le droit de séjour à 10.783 demandeurs d’asile (15.478 en 2016, 9.033 en 2017…). Cet afflux était consécutif à une crise humanitaire mondiale d’une gravité exceptionnelle, amplifiée par le conflit en Syrie. Depuis, la question de la protection internationale et de l’accueil à offrir aux réfugiés est au cœur d’importants débats mobilisant monde politique, médias et citoyens. Le départ des troupes américaines et européennes et la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan a fait craindre un nouvel exode massif de déracinés dans nos contrées surpeuplées.

À côté de certains discours nauséabonds (extrémistes) évoquant la couleur de peau des belges binationaux rapatriés en catastrophe, d’autres arguaient des problèmes rencontrés par les populations précarisées de notre pays, frappées par les inondations dévastatrices et meurtrières de juillet, pour exprimer fortement « qu’on ferait mieux de s’occuper d’aider et de reloger ceux qui ont tout perdu chez nous, plutôt que d’amener de nouveaux ‘mendiants’ sur notre territoire ».

Il faut quand même mettre les choses en perspective. Fin 2014, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) estimait le nombre de déplacés dans le monde à 59,5 millions de personnes, chiffre en augmentation constante. Les rapatriés d’aujourd’hui sont donc une goutte d’eau dans la mer. Partout dans le monde, les persécutions, les conflits, la violence et les violations des droits de l'homme contraignent les gens à fuir. Il n’y a pas que la misère, ce qui en soit est déjà un motif sinon reconnu, du moins compréhensible, de fuir son pays.

Quand la vie est en jeu, la santé ou l’exercice des droits humains fondamentaux, on n’a pas le choix. J’ai été bouleversé par les images montrant des mères afghanes n’ayant pas les papiers nécessaires pour être exfiltrés et savaient qu’elles ne pourraient pas partir, passer leur enfant par dessus les barrages et les murs barbelés de l’aéroport de Kaboul aux soldats US qui les prenaient dans leurs bras pour les emmener dans l’enceinte. Déchirant !  Je conseille à ceux qui claironnent que les afghans (ou les soudanais, les birmans, etc…) n’ont qu’à rester chez eux « puisque c’est eux qui ont démoli leur pays » d’aller un peu voir sur place ce qu’est un régime dirigé par des fanatiques ou des corrompus. Nous ne réalisons pas assez notre chance de vivre dans un pays démocratique ! Avons-nous le droit de refuser l’asile à ceux qui se sont mis en danger parce qu’ils ont voulu s’engager pour promouvoir les droits des femmes, l’éducation, le respect des minorités, la liberté religieuse…?

Bien sûr, il ne faut pas pour autant que l’Etat belge ou ses représentants n’assument pas leurs responsabilités vis-à-vis des citoyens qui chez nous vivent de profondes difficultés à cause des catastrophes comme les inondations ou des crises économiques et sociales et qui n’arrivent pas à s’en sortir. Le devoir humanitaire ne dispense pas des autres devoirs que la collectivité a envers ses membres les plus fragiles.

Soyons lucides. Nous, belges, ne pouvons pas à nous seuls accueillir tous les réfugiés qui cherchent une possible autre vie dans un pays sûr. Ni l’Italie, l’Espagne ou la Grèce non plus, qui sont en première ligne. L’Europe doit s’entendre sur la capacité de chacun d’accueillir et d’intégrer ces flux – ce qu’elle ne fait pas pour l’instant. Mais la question fondamentale – si nous voulons encore pouvoir nous regarder en face –, doit être celle-ci : si nous croyons en ces valeurs universelles qui fondent notre démocratie et garantissent nos libertés, ne devons-nous pas aider et soutenir ceux qui luttent dans tous les continents pour défendre les droits humains (sans vouloir leur imposer notre modèle économique néocapitaliste) ? Arrêter de soutenir des régimes corrompus ou totalitaires en interdisant le commerce avec eux, par exemple… Amnesty International ne cesse d’interpeller dans ce sens. Ce sont les injustices du passé (comme la colonisation) qui souvent ont débouché sur ces situations dont nous sommes en partie responsables, et qui si nous les ignorons, finissent par dégénérer en zones d’instabilité chronique qui minent les équilibres mondiaux et provoquent tant de souffrances. Les phénomènes migratoires ne vont pas cesser de sitôt, amplifiés qu’ils sont déjà par la crise climatique. Se préparer à changer nos modes de vie n’est pas une option : la raison nous l’impose, et pour les chrétiens, la Foi en une humanité où chacun est pour l’autre visage de Dieu.

Il faut cesser l’indifférence ! Essayons la justice !

Bernard Pönsgen

 

[Selon l'article 1 de la Convention de Genève (1951), un réfugié est une personne qui "craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays […]”.)

mardi 24 août 2021

MESSE DE LA CREATION 29 AOÛT

 


Le Temps pour la Création est une période du 1er septembre au 4 octobre où les chrétiens de nombreuses Eglises du monde prient, réfléchissent et agissent pour sauvegarder la maison commune. Dans le diocèse de Liège, les Chrétiens en Transition organisent 13 événements pour marquer le coup. Y serez-vous ?

Autrefois appelé la Saison de la Création, ce Temps pour la Création se déroule du 1er septembre, journée mondiale de prière pour la création, au 4 octobre, fête de Saint François d’Assise (patron de l’écologie). Dans toute la province de Liège, le groupe des Chrétiens en Transition et le service diocésain de la Transition marquent le coup avec 13 événements très variés, alternant réflexion, prière et action. Cette année pour ce diocèse liégeois, le Temps pour la Création coïncide avec le lancement d’EcoEglise, un outil œcuménique destiné aux communautés chrétiennes qui veulent s’engager dans le soin de la création, de la terre et des pauvres. 

Pour ouvrir ce temps de réflexion, de prière et d'action, vous êtes chaleureusement invités à participer à la MESSE DE LA CREATION qui se tiendra dans divers lieux du diocèse, entre autres pour l'Unité Pastorale du Sacré-Coeur, en l'église saint Jean-Baptiste de MONT-DISON le dimanche 29 août à 10 heures.  Soyez les bienvenus !

 




vendredi 20 août 2021

TEMPS DE LA CREATION : message de Mgr Delville

 

                 

Diocèse de Liège

           Message pour le temps de la création

        Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

20 août 2021

Chers Frères et Soeurs,

Le Temps de la création, est célébré par les Églises chrétiennes du 1er septembre au 4 octobre, fête de saint François d’Assise. Ce temps rythme notre vie de chrétiens, un peu comme le temps de Carême et celui de l’Avent. Durant ce temps d’engagement pour la création, nous sommes invités à « écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres » (Laudato si’, 49) et à agir « pour la sauvegarde de la création », à la lumière de l’évangile.

L’actualité montre toujours plus l’urgence de cet engagement. Le désastre des inondations dans notre diocèse et les graves incendies ailleurs nous rappellent l’urgence de faire face aux modifications climatiques. Il faut prier pour les morts mais il faut aussi se retrousser les manches, en leur mémoire, et préparer l’avenir.

Il importe aussi de faire vivre ce temps dans la liturgie de nos communautés. Des chrétiens s’y sont engagés dans tout le diocèse, des Chrétiens en transition, qui ont préparé des outils dont nous pouvons nous inspirer : une veillée de prière, une célébration eucharistique et des propositions d’animations (tout cela, disponible sur le site www.maisoncommune.be : le nouveau site de l’Église belge francophone consacré à l’écologie intégrale).

En septembre 2020, j’ai nommé un responsable pour l’écologie au sein de notre diocèse. Il a coordonné l’élaboration d’un vade-mecum pour les paroisses : le guide EcoEglise.

Ce guide est notre outil pour la conversion écologique à laquelle nous appelle le pape François. J’ai également souhaité que ce travail s’accompagne de pistes d’action concrètes pour les paroisses, les fabriques, les associations qui nous sont proches : l’Eco-diagnostic guidera nos pratiques (on peut le consulter également sur le site).

En mettant en œuvre l’EcoEglise, nous montrerons que célébrer la beauté de la création est plus qu’une question théorique. Consommation, déplacements, chauffage, respect des plus pauvres, interpellations politiques (…) : il nous faut agir dès à présent pour construire le Royaume de justice et de paix.

Je vous appelle à entrer dans cette dynamique. « Marchons en chantant ! Que nos luttes et notre préoccupation pour cette planète ne nous enlèvent pas la joie de l’espérance » (Laudato si’, 244).

Pour lancer ce Temps de la création, je vous invite à la messe que je célébrerai à la Cathédrale Saint Paul de Liège le dimanche 29 août à 10h.

A Herve, à Beaufays, à Grâce-Berleur, à Mont-Dison… et partout dans notre diocèse (agenda à consulter sur le site https://www.evechedeliege.be), des chrétiens vous invitent à des rassemblements pour réfléchir, prier et agir ensemble.

Je voudrais enfin souligner ici un dernier aspect de ce Temps de la création 2021:

J’invite les paroisses à organiser des ramassages de détritus, autour de l’église, dans le quartier, au bord des cours d’eau ou des sentiers. Il s’agit ici d’un geste symbolique : nous agissons, petitement, sur le terrain, mais par une lettre (disponible auprès de notre référent pour l’écologie intégrale) que nous signons tous, nous encourageons nos autorités communales à lutter contre la pollution. Car « la culture écologique ne peut pas se réduire à une série de réponses urgentes et partielles aux problèmes qui sont en train d’apparaître par rapport à la dégradation de l’environnement, à l’épuisement des réserves naturelles et à la pollution. Elle devrait être un regard différent, une pensée, une politique (je souligne), un programme éducatif, un style de vie et une spiritualité qui constitueraient une résistance face à l’avancée du paradigme technocratique » (Laudato si’, 111).             poubelles autour du presbytère à Dison...

C’est un petit geste symbolique auquel nous voulons donner une grande portée politique: il nous appartient de faire Eglise pour sauvegarder la création.

En espérant vous voir nombreux, je vous manifeste, chers Frères et Sœurs l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

Jean-Pierre Delville 


vendredi 13 août 2021

15 AOÛT - ASSOMPTION : HOMELIE

 Assomption de la Vierge Marie :  "La première en chemin"





"Le Puissant fit pour moi des merveilles... il relève son serviteur" (Luc 1,54)



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.



Homélie 

FÊTE DE L’ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE - HOMELIE

On aurait sans doute envie de dire que cette année, la fête du quinze août est une fête bien triste… Les inondations, les sinistrés, le Covid… Vraiment, pas de quoi se réjouir !

Et pourtant, en ce jour de l’Assomption, Marie peut nous apprendre une qualité dont nous avons bien besoin, tous, aujourd’hui : la résilience.

 

Résilience, le terme est à la mode, cela désigne la capacité de surmonter les difficultés ou les graves coups du sort. C’est un peu comme un ressort intérieur qu’on ferait fonctionner quand une catastrophe survient qui menace de nous écraser, et qu’ainsi, au lieu de laisser tomber les bras et de sombrer dans la dépression et l’apathie, on « rebondit » en quelque sorte en mettant en œuvre un certain nombre de capacités à faire face et à affronter les problèmes et les difficultés, les drames et les pertes, les deuils…

Un psychologue interrogé à la radio à propos des récents événements et du rapport du GIEC sur le réchauffement climatique et ses conséquences futures, disait que ce dont l’humanité aura le plus besoin dans les années à venir, ce sera justement de développer la résilience ainsi que la solidarité.

Par exemple, un témoignage raconte qu’un habitant de Haïti, île qui a été dévastée par un terrible tremblement de terre le 12 janvier 2010, cet habitant - appelons-le Émile, a été résilient : Après le choc initial où il a perdu sa maison et toute sa famille, il ne s’est pas effondré, il a survécu, il s’est relevé, et il a su mettre en place des actions lui permettant de reconstruire sa vie. Ainsi, il s’est rendu à son travail pour demander qu’on lui donne un des tapis en réserve pour pouvoir construire un abri temporaire et faire face à la perte de sa maison. Malgré sa peur des répliques, il retourne très vite au travail, parce que, comme il dit : « [il] n’avait pas le choix, [il] devait payer l’enterrement de [son] fils et nourrir ce qui restait de [sa] famille ». (Vertigo, Hors-série 30, mai 2018 : « La résilience à l’épreuve du terrain »).

Émile s’est aussi appuyé sur sa foi pour dépasser le décès de ses proches, et sur le sens communautaire très développé chez les haïtiens : En Haïti, les gens se soutiennent mutuellement et il semble bien que cela joue un grand rôle dans la capacité du peuple à résister, à se relever, à créer chaque jour à partir de rien (Joseph et Derivois, 2016). On sait évidemment que le soutien social est important pour aider les victimes d’une catastrophe à surmonter leurs traumatismes. Des liens sociaux solides et étayants sont indispensables pour aider à co-panser les blessures multiples causées par l’événement.

Bon, très bien, mais ce n’est pas donné à tout le monde, cette résilience ! En effet. Si certaines personnes, après un temps normal de sidération, « rebondissent » quand le malheur les frappe, d’autres ne parviennent pas à surmonter et se laissent finalement couler.

La capacité de résilience serait donc inégalement répartie chez les humains. Pourtant, elle semble exister en potentialité dans l’ensemble de l’humanité qui au cours des âges a traversé catastrophe sur catastrophe, guerres, famines, épidémies de toutes sortes, et qui a su malgré tout transmettre le flambeau de la vie, en cherchant sans cesse à améliorer ses conditions…

Il y aurait donc une capacité latente chez l’homme à relever la tête dans les épreuves.

D’accord, mais comment l’actionner quand on est submergé par le malheur ? Surtout, si on manque de ces liens sociaux et de ces soutiens si précieux pour amortir les chocs et espérer en un avenir meilleur ?

Alors, il faut savoir que ces capacités à faire face ne sont pas activées automatiquement. Elles sont mises en œuvre par chaque personne en fonction des circonstances, mais aussi au fil du temps et de leur histoire personnelle : L’activation des capacités à faire face s’appuie sur des compétences, des savoirs, des ressources qui sont acquis en amont, au cours de l’enfance et de l’adolescence, et qui ont déjà permis de développer des stratégies mentales de résistance et de résilience. Pour être clair, les petites crises vécues au cours de la construction personnelle permettent si elles sont bien résolues, de trouver des réponses adéquates lors des grosses crises futures.

Pour établir le parallèle avec Marie et ce que nous savons de son histoire, qui n’est pas différente des nôtres en cela qu’elle n’a pas été exempte de crises et de défis : le fait de se retrouver enceinte avant le mariage ; les doutes de Joseph envisageant de la répudier ; la naissance de son fils en voyage dans des conditions pénibles ; la menace de mort par Hérode qui oblige le couple et l’enfant à peine né à émigrer en pays étranger ; le retour à Nazareth sous le regard des voisins ; un enfant ‘différent’ à élever ; le même enfant devenu grand qui prêche des discours qui ne plaisent pas aux autorités et qui inquiètent sa famille… Et enfin, le drame total de la croix sur laquelle son fils meurt honteusement… , je pense qu’on peut affirmer que SI MARIE A PU SURMONTER CES CRISES ET SURVIVRE, CE N’EST QUE GRÂCE A SON « FIAT », SON OUI à TOUT CE QUE DIEU LUI PROPOSAIT DEPUIS QU’ELLE ÉTAIT TOUTE PETITE.

Au fil de sa croissance et des événements, Marie, toute donnée à Dieu, a pu ainsi expérimenter profondément un chemin de confiance, par lequel l’Esprit Saint pouvait l’habiter et l’inspirer pour répondre adéquatement à ces situations qui auraient eu de quoi déstabiliser et démolir n’importe qui d’autre.

Tout cela, en reconnaissant et en acceptant sa vulnérabilité et sa petitesse, première condition pour que la résilience puisse se construire.

« Il s’est penché sur son humble, sa petite servante de rien du tout », chante Marie dans son Magnificat.

Je suis certain que Marie peut nous aider nous aussi à faire cet apprentissage de la résilience, en nous suggérant le même chemin de foi et d’abandon à la grâce d’en-haut. Cependant, il serait faux de croire que cette résilience de Marie est faite de passivité béate : Bien au contraire, comme nous le voyons dans l’extrait d’évangile de ce jour, celui de la Visitation, à peine reçue l’annonce de l’ange et répondu par son Fiat, son « oui » inconditionnel, Marie, poussée par l’Esprit, court « avec empressement » par delà la montagnes vers sa cousine Elisabeth, enceinte comme elle, pour l’assister jusqu’à la naissance et partager avec elle la grâce spirituelle reçue.

Autrement dit, en cherchant autour de soi quelqu’un à aider, nous renforçons notre résilience mutuelle. L’exemple de la rencontre de Marie et Elisabeth est tellement frappant, que l’Esprit Saint communiqué par la présence du Christ, en faisant tressaillir le futur Jean-Baptiste dans le ventre de sa maman, cet Esprit fait s’écrier de joie et de reconnaissance Elisabeth puis Marie qui entonne son « Magnificat » à Dieu.

Quelle meilleure prière pouvons-nous faire que de reprendre ces paroles si fortes de Marie, lorsque nous nous sentons écrasés par le destin, que l’avenir semble tellement sombre que nous n’entrevoyons plus d’espoir ?

« Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour… »

En ce jour de l'Assomption, nous célébrons ce mystère où Jésus associe déjà sa mère à la propre gloire de sa résurrection. La Vierge Marie nous apparait comme un signe d'espérance et un modèle de résilience. Comme Marie, nos vies connaissent les souffrances de toute sorte, physiques, morales, psychologiques, relationnelles. Mais comme elle, nous poursuivons notre marche. Marie nous montre, dans son Assomption, que la mort n'est pas le dernier mot désespérant de la vie, mais que, par la mort de Jésus, et l’acceptation de toutes nos petites morts, nos deuils transfigurés dans l’Amour, nous entrons dans le mystère de sa résurrection pour une vie nouvelle qui n'aura pas de fin.

AMEN.

« La résilience c’est bâtir sa confiance en soi, avoir des buts clairs, être flexible face aux changements, avoir une pratique spirituelle méditative, faire le bien autour de soi, essayer d’être reconnaissant pour ce que l’on a plutôt que se plaindre de ce que l’on n’a pas…" (Cécile Moreschi, Présence Mariste n°298, janvier 2019)

Cette résilience devant les difficultés, cette capacité à rebondir et à créer du neuf, ce n’est pas l’apanage du chrétien…
C’est le lot d’une multitude d’hommes qui font le choix de résister au courant qui semble nous emporter irrémédiablement vers la destruction. Les exemples de cette résilience abondent autour de nous.

« Personne ne peut retourner en arrière, mais tout le monde peut aller de l’avant. Et demain quand le soleil se lèvera il suffira de se répéter : Je vais regarder cette journée comme si c’était la première de ma vie » (Paulo Coelho, écrivain brésilien).

 

L’idée c’est d’avoir constamment quelque chose en ligne de mire pour nous forcer à aller de l’avant, à progresser.

« Le malheur n’est pas une destinée, rien n’est irrémédiablement inscrit, on peut toujours s’en sortir »  (Boris Cyrulnik, psychiatre). « Ensemble ! », ajouterait Pierre Rapsat.